Rencontre RSE à l'Université de Lorraine : recherche, autisme et inclusion
La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est un enjeu qui a gagné en importance au cours des dernières années. Ceci est aussi vrai au sein des entreprises que dans les milieux universitaires. En effet, pour savoir quoi faire et où aller, les entreprises ont besoin d’études rigoureuses, et pour mener des études rigoureuses, les Universités ont besoin de terrains que les entreprises peuvent offrir.
C’est dans cette perspective que la journée « La RSE : un levier de développement territorial durable, équitable et inclusif » a eu lieu ce 12 juin dernier à Nancy.
Une rencontre autour de la RSE et du développement territorial
C’est à la Présidence de l’Université de Lorraine que s’est déroulée cette journée sur la RSE. Les différents acteurs qui ont organisé cette journée sont Unys Sciences, en le MEDEF Meurthe-et-Moselle, le MEDEF Grand Est et l’AFMD.
Chaque acteur et actrice qui a pris la parole représentait soit le milieu académique, soit le milieu des entreprises. Plusieurs restitutions de travaux menés en collaboration entre différents organismes ont été présentés, afin de mettre en avant l’importance de collaborer entre universitaires et entreprises. Des points très importants ont été mis en avant, comme les enjeux concrets du terrain, les freins qui peuvent encore persister, et l’importance d’incarner réellement les valeurs RSE et lutter contre le greenwashing.
La journée était rythmée par des temps de présentation, des temps de pause qui ont permis à tous les participants et participantes d’échanger, ainsi que des ateliers l’après-midi. La journée s’est terminée par un discours de la Présidente de l’Université de Lorraine, Hélène Boulanger
Présentation d’un poster sur l’autisme et la RSE
Lors de cette journée, Lison Hesse, psychologue sociale et doctorante, a présenté un poster de recherche. Elle est rattachée au Centre de ressources IntimAgir Grand Est et au Laboratoire Laboratoire PErSEUs.
Le poster portait sur le thème : « L’autisme, une particularité à prendre en compte en recherche et en RSE ».
Cette présentation a permis d’exposer les travaux en cours et de les confronter aux échanges avec les participants.
Une réflexion sur la prise en compte des différences
Lors de cette journée, le temps de midi était consacré à un déjeuner ouvert agrémenté de plusieurs posters. Lison Hesse, psychologue sociale et doctorante au sein du Centre Intim’Agir, a pu présenter son Poster intitulé « L’autisme, une particularité à prendre en compte en recherche et en RSE ». Ce Poster avait un enjeu double dans le cadre de cette journée :
- Mettre en avant la collaboration entre Intim’Agir et le laboratoire Perseus, via sa thèse CIFRE
- Interpeller sur l’importance de mieux comprendre l’autisme, et en particulier les femmes autistes, en recherche et en entreprise
L’autisme concernait environ 2% de la population. Ce qui veut dire que de nombreuses personnes que nous avons autour de nous, nos camarades de promo, puis nos collègues, peuvent être autistes. Pourtant, on ne parle pas toujours d’adaptations pour ces profils. Les stéréotypes envers cette population sont encore très présents. Le Poster a donc permis d’initier des échanges à ce sujet avec les participantes et participants de cette journée. Il mettait également en avant le fait que les femmes autistes sont parfois invisibilisées car elles ne correspondent pas toujours à l’idée que l’on se fait de l’autisme.
En entreprise, la question des aménagements raisonnables se pose alors, que ce soit lors des processus de recrutement, dans l’entrée en poste, puis dans le maintien en poste des collaboratrices et collaborateurs. Aussi, lorsque les organisations accueillent du public, la question de l’accessibilité pour les personnes autistes est à prendre en compte, que ce soit lors d’événements, dans les visuels, etc.
Dans le milieu académique, plusieurs questions se posent aussi. Premièrement, l’accès aux études supérieurs pour les personnes autistes n’est pas garanti. Les cours, les évaluations ne sont pas toujours adaptées et peuvent poser des difficultés aux personnes autistes. Ce n’est donc pas forcément un problème de capacités des personnes, mais plutôt d’adaptations. Ensuite, il est fondamental de prendre en compte les personnes concernées dans la recherche, pour ne plus mener de recherches « sur », mais « avec ».
Ce Poster a été bien reçu par les personnes présentes, et a permis d’initier des échanges riches et pluriels sur l’inclusion des personnes autistes. Le terme « d’inclusion » lui-même a été discuté, car le fait « d’inclure des personnes » revient à dire que l’environnement n’est pas pensé pour elles en premier lieu.
Le rôle d’IntimAgir Grand Est dans le projet
Le Centre de ressource IntimAgir Grand Est intervient dans le champ du handicap et de la vie intime, affective et sexuelle. Il développe des actions de sensibilisation et d’accompagnement auprès des professionnels et du public.
La participation de notre doctorante Lison Hesse à cette journée permet de mettre en avant ses travaux de thèse réalisés au sein d’IntimAgir. Comme elle le dit elle-même, Lison « ne pourrait pas mener les recherches telles qu’elle le fait sans les échanges réguliers avec ses collègues ». Une manière de relier expériences de terrain et recherches académiques, afin de produire des savoirs précis sur l’expérience de vie des personnes en situation de handicap.
Les journées comme celles-ci rappellent que l’on ne peut pas avancer seuls, et que les avancées résident dans la collaboration entre tous les actrices et acteurs du territoire.