Retour sur la journée du 13 mars 2026 : faire entendre la voix des femmes en situation de handicap

Retour sur la journée du 13 mars 2026 à Strasbourg : témoignages, conférence, ateliers et pistes d’action pour les femmes en situation de handicap.

Le 13 mars 2026, une journée de reflexion et mobilisation s’est tenue à l’Hôtel de Région Grand Est.
Organisée par les associations À Corps de Soi et INTIMAGIR Grand Est, elle a rassemblé des acteurs engagés.

Intitulée « Être une femme en situation de handicap en 2026 : quels freins, quels enjeux, quels défis ? », cette rencontre a marqué une étape importante. Elle s’inscrit dans la continuité du festival O’se changer les codes, organisé en mai 2025.

Un événement ancré dans une dynamique de mobilisation

En mai 2025, le festival O’se changer les codes a permis d’ouvrir un espace de dialogue.
Les échanges ont mis en lumière des réalités souvent invisibilisées. Retrouvez les replays de cette journée en ligne. 

Ainsi, plusieurs constats forts ont émergé :

  • Un sentiment de non-écoute chez les personnes concernées
  • Un manque d’outils chez les professionnelles
  • Des sujets encore largement tabous

Face à cela, la journée du 13 mars avait un objectif clair. Elle visait à transformer ces constats en leviers d’action.

Une matinée riche en prises de parole

La matinée s’est ouverte dans l’hémicycle de la Région Grand Est. Elle a donné la parole à des intervenants engagés.

L’ouverture a été assurée par Hélène Gantes pour le Centre Ressource INTIMAGIR Grand Est, aux côtés d’Amélie Renaud.

Ensuite, plusieurs interventions ont marqué les esprits :

  • L’intervention de Pierre-Emmanuel Portheret, Préfet délégué pour l’égalité des chances 
  • Une présentation de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) par Maryvonne LYAZID
  • Une table ronde réunissant quatre femmes concernées par le handicap
  • Une conférence sur l’accumulation des stigmates

Ces prises de parole ont permis de replacer les vécus au centre des échanges.

Car ici, il ne s’agissait pas de chiffres. Il s’agissait de réalités.

Des témoignages forts et nécessaires

Animée par Amélie Renaud, ambassadrice IntimAgir Grand Est et présidente de l’association À Corps de Soi, la table ronde a constitué un temps fort.

Quatre intervenantes :Géraldine RUATTI, Inès CORINTO, Élodie HEUDE, Gabrielle ARNOULD ont partagé leurs expériences :

Leurs témoignages ont permis de mettre en lumière :

  • des parcours de vie singuliers
  • des freins persistants
  • des stéréotypes encore présents
  • des luttes et des victoires

Ces prises de parole ont été puissantes et nécessaires.
Elles ont rappelé l’urgence de mieux écouter les premières concernées.

Comme le souligne Lison Hesse :

"Ces témoignages ont permis d’aborder plusieurs thématiques essentielles et ont résonné avec les apports théoriques présentés ensuite."

Une conférence accessible pour mieux comprendre l’intersectionnalité

La matinée s’est poursuivie avec une conférence animée par Lison Hesse, doctorante en psychologie sociale.

Son objectif était clair : rendre accessibles des concepts parfois complexes. Elle explique :

"Quand une conférence s’adresse à un public diversifié, l’enjeu est que l’on parle toutes et tous la même langue."

Lison a ainsi proposé des apports théoriques vulgarisés et partagé des éléments issus de ses propres recherches.

Cette approche a permis à chacun de mieux comprendre les mécanismes de discrimination croisée.

Des ateliers pour passer à l’action

L’après-midi a laissé place à des ateliers participatifs.
L’objectif était clair : transformer les échanges en actions concrètes.

Trois thématiques principales ont été abordées :

  • L’éducation au regard et la déconstruction des stéréotypes
  • L’accompagnement de la santé des femmes en situation de handicap
  • L’estime de soi comme outil face aux violences

Ces temps collaboratifs ont permis d’impliquer les participants. Un temps de restitution a été mis en place à la suite de ses ateliers afin de croiser les constats émargeants de chaque ateliers. 

Une exposition forte en émotions

Tout au long de la journée, et du 09 au 20 mars l’exposition photographique ELLES était accessible dans le Hall de l’Hôtel de Région de la ville de Strasbourg

Pour clôturer la journée du 13 mars, un visite commentée avec la présence de certains modèles et photographe à eu lieu. Ce projet artistique valorise la diversité des corps et des récits. 

Une attention forte portée à l’accessibilité

L’accessibilité était un enjeu majeur de cette journée, ainsi, l’événement était ouvert à un large public, avec une volonté affirmée d’inclusion.

Une retransmission en direct sur YouTube a permis de suivre les échanges à distance pour les personnes ne pouvant pas se déplacer.

Par ailleurs, l’ensemble des interventions a bénéficié d’une traduction en langue des signes française (LSF) grâce à des interprètes présents tout au long de la journée.

Cette attention portée aux formats et aux supports a permis de garantir un accès réel aux contenus, s’inscrivant pleinement dans les valeurs portées par IntimAgir Grand Est.

Des retours d’expérience engagés

Cette journée a également été marquée par des retours riches et engagés.

Lison Hesse souligne que :

"Cette journée a permis d’initier des discussions, mais surtout de replacer les personnes concernées au cœur des dynamiques. Rien pour elles sans elles.

Elle met aussi en avant l’implication des participants et la volonté des institutions d’agir.

De son côté, Coralie Ballet, travailleuse sociale au sein d’Intim’Agir et Handigynéco, partage :

"Cet événement donne pleinement du sens à mon rôle. Les témoignages ont renforcé ma prise de conscience et mon engagement."

Elle insiste également sur la richesse des échanges. Selon elle, ces temps collectifs ouvrent de réelles perspectives d’évolution.

Et maintenant ? Transformer les échanges en actions

Tout au long de la journée, plusieurs sujets majeurs ont été explorés.

Parmi eux :

  • La maternité en situation de handicap
  • L’absence de modèles identificatoires
  • L’accès aux soins adaptés
  • La lutte contre les violences
  • Le rôle de l’estime de soi

Ces thématiques montrent l’ampleur des enjeux et soulignent aussi l’urgence d’agir. Cette journée n’était pas une finalité, mais un point de départ. Les discussions ont permis de faire émerger des pistes concrètes : mieux former les professionnels, adapter les dispositifs d’accompagnement, renforcer la parole des personnes concernées et construire des politiques publiques réellement inclusives. Il s’agit de passer de la réflexion à l’action.

Retrouvez les replays de cette journée

Liste de lecture

3 Vidéos
PHP Code Snippets Powered By : XYZScripts.com